Eurobaromètre standard – Automne 2025

Note de présentation par Laurent Vivès (Février 2026) – Temps de lecture : 6′

Les enquêtes Eurobaromètre sont l’instrument de sondage officiel utilisé par le Parlement européen, la Commission européenne et d’autres institutions et agences de l’UE, afin de suivre régulièrement l’état de l’opinion publique en Europe sur des questions liées à l’Union européenne ainsi que les attitudes sur des sujets de nature politique ou sociale.
Les sondages sont réalisés par interrogatoire au domicile, selon une méthodologie homogénéisée pour tous les pays de l’Union Européenne, par des instituts de sondages sélectionnés et indépendants, qui analysent aussi les données. D’autres instituts privés se livrent au même genre d’enquêtes, mais il semble que l’Eurobaromètre soit le plus fiable et transparent, ce qui lui vaut une reconnaissance mondiale. De telle sorte que les continents Américains, Africains et Asiatiques s’en sont inspirés pour créer leur propres outils de sondages.
Nous reproduisons ici les résultats du dernier Baromètre Européen de l’opinion publique Européenne concernant l’Union Européenne, publiés sur le site de Europa : https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/3378?etrans=fr


Résumé

74 % des personnes interrogées affirment que, compte tenu de tout, leur pays a bénéficié de son appartenance à l’UE. 59 % sont également optimistes quant à l’avenir de l’UE et la confiance dans l’UE reste élevée (48 %) malgré une légère baisse depuis le printemps 2025. 67 % des personnes interrogées sont d’accord pour dire que l’Union européenne est un lieu de stabilité dans un monde troublé. 83 % conviennent que l’UE devrait renforcer son indépendance économique et diversifier ses relations commerciales avec les pays du monde entier. Près de huit États membres sur dix (79 %) sont favorables à une politique de défense et de sécurité commune, le deuxième résultat le plus élevé depuis 2004. Garantir la paix et la stabilité reste l’action qui aura le plus grand impact positif sur la vie des citoyens européens à court terme (choisie par 42 %), suivie par la création d’un plus grand nombre de possibilités d’emploi (26 %), la sécurisation de l’approvisionnement alimentaire, sanitaire et industriel dans l’UE (25 %) et la gestion de la migration irrégulière (24 %). En ce qui concerne les priorités du budget de l’UE, les citoyens européens souhaiteraient que le budget de l’UE soit consacré à l’emploi, aux affaires sociales et à la santé publique (42 %), à l’éducation, à la formation, à la jeunesse, à la culture et aux médias (36 %) ainsi qu’à la défense et à la sécurité (35 %). Cette enquête Eurobaromètre standard montre le soutien le plus élevé jamais accordé à la monnaie commune dans l’UE (74 %) et le deuxième soutien le plus élevé dans la zone euro (82 %). En ce qui concerne la situation de l’économie européenne, 46 % des Européens la trouvent maintenant bonne tandis que 46 % la trouvent mauvaise et une majorité de citoyens (49 %) pensent que la situation économique européenne restera stable au cours des 12 prochains mois. L’invasion de l’Ukraine par la Russie reste la question la plus importante à laquelle l’UE est confrontée (mentionnée par 26 %), suivie de l’immigration (mentionnée par 20 %), de la situation internationale (19 %) et de la sécurité et de la défense (18 %). 77 % des répondants européens conviennent que l’invasion de l’Ukraine par la Russie constitue une menace pour la sécurité de l’UE.


Principales constatations

Les Européens voient les avantages de l’adhésion à l’U.E.

Près des trois quarts des citoyens de l’UE (74%) déclarent que, compte tenu de tout, leur pays a bénéficié d’être membre de l’UE.

Près de six citoyens de l’UE sur dix (59 %) sont également optimistes quant à l’avenir de l’UE.

La confiance dans l’UE reste élevée (48 %) malgré une baisse depuis le printemps 2025.

Les Européens souhaitent une UE plus forte et plus affirmée

Plus des deux tiers des personnes interrogées (67%) sont d’accord pour dire que l’Union européenne est un lieu de stabilité dans un monde troublé.

Plus de huit sur dix (83 %) estiment que l’UE devrait renforcer son indépendance économique et diversifier ses relations commerciales avec les pays du monde entier.

Près de huit États membres sur dix (79 %) sont favorables à une politique de défense et de sécurité commune, le deuxième résultat le plus élevé depuis 2004. 

Garantir la paix et la stabilité reste l’action qui aura le plus grand impact positif sur la vie des citoyens européens à court terme (choisie par 42 %), suivie par la création d’un plus grand nombre de possibilités d’emploi (26 %), la sécurisation de l’approvisionnement alimentaire, sanitaire et industriel dans l’UE (25 %) et la gestion de la migration irrégulière (24 %).

En ce qui concerne les priorités du budget de l’UE, les citoyens européens souhaiteraient que le budget de l’UE soit consacré à l’emploi, aux affaires sociales et à la santé publique (42 %), à l’éducation, à la formation, à la jeunesse, à la culture et aux médias (36 %), ainsi qu’à la défense et à la sécurité (35 %).

Cette enquête Eurobaromètre standard montre le soutien le plus élevé jamais accordé à la monnaie commune dans l’UE (74 %) et le deuxième soutien le plus élevé dans la zone euro (82 %).

En ce qui concerne la situation de l’économie européenne, 46 % des Européens la trouvent maintenant bonne et 46 % la trouvent mauvaise.

Dans le même temps, une majorité de citoyens (49%) pense que la situation économique européenne restera stable au cours des 12 prochains mois.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie reste la question la plus importante à laquelle l’UE est confrontée (mentionnée par 26 %), suivie de l’immigration (mentionnée par 20 %), de la situation internationale (19 %) et de la sécurité et de la défense (18 %).

Commentaire de Laurent Vivès :

il faut savoir qu’Eurobaromêtre est utilisé depuis longtemps, avec une méthodologie assez répétitive, ce qui permet d’en dégager des tendances sur le long terme. Il semble que l’Europe gagne en confiance auprès de ses citoyens. La prudence envers ces résultats doit rester de mise, car le public interrogé est tiré au sort, se retrouve face à un enquêteur qui peut influencer, l’échantillon n’est pas sous analysé selon l’age, le sexe, le pays, son statut social et ses appartenances politiques.

Néanmoins, Bernard Aubry, auteur de « L’Eurobaromètre, un outil au service de la construction européenne » conclut son article ainsi :

Conclusion : Un outil remarquable, mais encore très perfectible « Quand je veux savoir ce que pensent les Français, je m’interroge », disait le général de Gaulle en forme de boutade ! Demander périodiquement leur avis aux intéressés sur des questions importantes qui concernent l’espace public devient aujourd’hui pratique courante, surtout qu’il existe pour ce faire des outils appropriés et qui ont fait leur preuve.

Cependant, outre qu’il faut toujours en améliorer la qualité, il faut aussi valoriser les enquêtes d’opinion pour que, en nourrissant le débat, elles participent à la construction de l’« opinion publique européenne ». Ces enquêtes ne sauraient donc, en aucun cas, agir de façon « tyrannique » sur les décideurs.